Mathieu Bergeron-Legros : préparer la relève

Récemment nommé Lead Technique Palo Alto chez Desjardins dans le cadre du projet Azure, Mathieu Bergeron-Legros ne fait pas que travailler pour NETsatori, il enseigne aussi un cours en cybersécurité au Cégep du Collège de Rosemont. Ayant démarré sa carrière comme administrateur réseau, Mathieu a fait un virage clair vers la sécurité informatique lorsqu’il travaillait à la Banque TD, puis à la Banque Nationale. Il a ainsi franchi toutes les étapes en démarrant avec Cisco, puis en devenant un des meilleurs spécialistes des systèmes Palo Alto au Canada. C’est cette expertise unique en sécurité sur des systèmes complexes, acquise particulièrement dans le secteur des services financiers, qu’il veut aujourd’hui partager avec la relève.

Renato Cudicio : Qu’est-ce qui t’a amené vers l’enseignement ?

Mathieu Bergeron-Legros : C’est un peu le hasard en fait. Il y a un an, j’ai eu l’occasion de préparer et de donner une formation Palo Alto chez un client puis d’introduire la technologie Palo Alto au Cégep où j’ai étudié il y a plus de 10 ans. Cela m’a ouvert les yeux sur un intérêt envers la formation que je ne savais pas que j’avais.

RC : En quoi consiste cette formation ?

MBL : Je suis enseignant à la formation générale et le cours que je donne est en dernière année. C’est un module qui dure 15 semaines à raison de 4 heures par semaines, avec 60 heures d’implication en personne et des travaux qu’ils doivent faire le soir. L’enseignement porte sur la sécurité des réseaux informatiques. On y discute des technologies défensives pour protéger un périmètre.

RC : Est-ce que tu as beaucoup d’intérêt pour ce type de formation ?

MBL : Oui. J’ai entendu la semaine dernière un étudiant finissant qui n’a pas eu mon cours demander en blague s’il avait la possibilité de se réinscrire pour pouvoir y assister. Certains étudiants m’ont confié il y a deux semaines venir par intérêt plus que par obligation. C’est un cours obligatoire dans le programme… et donc entendre que cela intéresse ces jeunes, ça me fait très plaisir.

RC : Est-ce que tu penses que, comme on parle partout de sécurité, cela rend le sujet sexy ?

MBL : Je ne sais pas. Mes étudiants sont conscientisés. Ils s’intéressent à l’actualité et je leur demande de lire pour se tenir au courant de ce qui se passe en TI. Ce qu’ils font avec brio. Ils s’intéressent aussi à ce qui est amusant au point de vue technologique, comme le hacking. Ça c’est sexy. Les mesures défensives le sont moins.

RC : Tu parles des mesures défensives. Mais est-ce que tu peux apprendre des mesures défensives sans apprendre les mesures offensives ?

MBL : Non, je pense qu’il faut connaître les attaques qu’on peut subir pour mieux se défendre, mais je ne pense pas qu’on a besoin d’être un expert dans les mesures offensives pour implémenter les bonnes défenses. Je dirais que moi-même je ne suis pas un expert des attaques et je ne prétends pas l’être. Et, pour être franc avec toi, j’ai moins d’intérêt que pour la défense.

RC : Est-ce que tu crois que le cursus académique en cybersécurité prépare bien les jeunes ?

MBL : C’est une excellente question. Le programme a été entièrement revu au collégial, à ce Cégep en particulier, dans les deux dernières années. La preuve est que le cours que je donne en ce moment est offert pour la première fois. Je suis le premier à l’enseigner et les étudiants sont très à jour. Ils ont des cours, entre autres, sur Azure, AWS, Google Cloud Platform, etc. Ils connaissent les infrastructures technologiques du moment, mais c’est difficile d’être en permanence à jour en enseignement, car les technologies évoluent énormément, très rapidement. Les programmes prennent du temps à être développés. Donc, offrir un cours sur les technologies vraiment actuelles, ce n’est pas évident. J’ai la chance de travailler dans ce domaine et j’ai l’impression d’avoir le meilleur des deux mondes en ayant un pied dans le marché du travail et un pied en enseignement. J’espère bien réussir auprès des étudiants.

RC : Ton implication dans l’industrie a aussi servi à enrichir le programme, je pense.

MBL : En effet. Je connais bien le personnel du Cégep et je connais bien aussi les gens chez Palo Alto qui a un programme éducationnel. Je me suis donc dit que cela serait une relation gagnante pour tout le monde si je faisais la connexion entre le Cégep et Palo Alto : le Cégep pourrait offrir des cours sur des technologies de pointe ; les étudiants apprendraient sur les systèmes d’aujourd’hui ; et le manufacturier ferait en sorte que plus de ressources sont formées sur leur technologie.

RC : Le secteur de la cybersécurité au Canada fait face à une carence importante de ressources justement. Comment résoudre selon toi ce problème ?

MBL : Tous les étudiants devraient avoir un cours en cybersécurité. Mais je ne crois pas pour autant que c’est en ajoutant plus de ressources que l’on va régler le problème. Je pense que l’automatisation et l’intelligence artificielle vont nous aider à résoudre nos enjeux de sécurité. Mais sans oublier d’intéresser les jeunes à la sécurité, car la relève est très importante.

RC : C’est dans le même esprit que tu es bénévole au restaurant Robin des Bois.

MBL : Je fais du bénévolat chez Robins des Bois depuis la dernière décennie. Je crois que l’implication communautaire est très importante. Je me sens privilégié par rapport à d’autres et redonner est important.

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